De Patrick Ewing à Kendrick Perkins, chronique de joueurs posterizés
Voilà un beau sujet. Voilà un titre qui colle à notre nom de domaine. Voilà un geste qui allie détente, équilibre et méchanceté.
La carrière d’un joueur NBA, qu’il soit bon ou moins bon, peut se résumer ainsi : « fais pas le con et évite les posters ». Certains ont réussis, d’autres y sont abonnés. Depuis quelques décennies, les plus grands y sont passés. Les plus mauvais aussi. De Bird à Bradley, de Ewing à Asik, voici le destin croisé de gars qui n’avaient fait que défendre.
On a tous dans la tête ce dunk de Shawn Kemp. Le joueur de Seattle a, je crois, offert à Alton Lister le plus beau des souvenirs. Le n°53 de Golden State ne s’en est jamais remis. Il a eu une carrière tranquille, discrète. Il a joué 16 ans dans la ligue, aux Bucks, Sonics, Warriors, Celtics et Blazers. Un gars costaud. Mais on ne se souvient de lui que pour ce moment. Ces doigts pointés vers lui. Ce mouvement tardif pour aider Mullin.
Avant lui, d’autres étaient passés par là. Larry Bird – par Dominique Wilkins – entend encore parler de ce dunk. Mais le Larry fait parti des meilleurs de tous les temps. Alors, on ne peut rien lui dire. Se souvenir du meilleur, voilà le principal. Ça fonctionne pour Ewing – avec Jordan -, pour Hakeem Olajuwon – avec Kevin Johnson – ou pour Kevin Garnett – avec LeBron James.
Mais pour les autres, des mecs discrets qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, c’est tout ce qu’on peut retenir de leur carrière. Et c’est leur malheur.
Shawn Bradley a je crois ouvert la voie. Malgré le fait de mesurer 2 mètres 29, Bradley n’a, dans sa carrière, servit à rien d’autre que tourner dans Space Jam. Et mal jouer en plus. Je pense que c’est un des seuls à se prendre près d’une dizaine de dunks dans la tête. Impossible de passer à côté de sa taille. Pourtant, sa pauvre détente a eu raison de lui. En retard en aide, peu volontaire au contre, Bradley n’était pas le meilleur joueur des Sixers, Nets ou Mavs. Seulement le plus grand. Obligé de débuter les matchs, il tournait à 10 points et 7 rebonds à Philadelphie. Ses 274 contres lors de son année sophomore ne doivent pas éclaircir le bilan. Il faisait 2 mètres 29.
À Dallas, tout s’est accéléré. Ses 13 points et 8,5 rebonds de moyenne faisaient de lui un pivot acceptable, sans plus. Mais les Dieux du basket ont décidé de s’amuser avec lui. Avec son corps fébrile. Et l’ont envoyé en pâture aux plus grands dunkeurs des 90s. Impossible de prononcer son nom sans parler de Tracy McGrady, Shaq, Keon Clarke ou Chris Webber.
Pas de bol pour lui, la relève à eu du mal à prendre sa suite. Les années 2000 ont eu leur quota de posterdunks. Le poster de Nowitzki sur Duncan est longtemps resté accroché sur mon mur. Vince Carter a eu ses moments de gloire – « Allô Fred ? Non, t’inquiète je ne parlerai pas de toi ». Bon les gars, c’était Fred Weis, il veut qu’on reste discrets – et les plus petits ont décidé que c’était leur tour. Iverson, par exemple, a fait plaisir.
Tout est passé assez vite. Les 2000s nous ont laissé moins de victimes que de dunkeurs. Mais l’arrivée d’une nouvelle garde dans la ligue ces 3 dernières saison a tout changé.
Vous comprenez qu’on ne va pas parler de Blake Griffin, Russell Westbrook, Derrick Rose et compagnie. Non, on va s’intéresser à Timofey Mozgov, Kendrick Perkins, Chris Andersen et Brendan Haywood. Des joueurs à la carrière bien différente. Tous pivots.
Pour se faire dunker dessus. Il faut à priori que le dunkeur ait passé son défenseur. Donc il faut un joueur en aide. Retenez bien ce que je dis je donne un cours là. Si le pivot tarde à aider, et donc enclenche sa montée trop tard, son adversaire est déjà en l’air. Dans ce cas là, tout est déjà joué. Et ça peut détruire. Mozgov est depuis passé de NY à Denver et commence enfin à retrouver un quelconque niveau. Perkins, lui, est resté plusieurs jours dans le coltard. Le seul qui ait réussi à s’en remettre, c’est Haywood – comment ça vous ne voyez pas lequel ? Celui-ci voyons – qui est resté dans son basket jusqu’au titre l’année dernière. Tant mieux.
Ce n’est pas dit que le sort s’acharne sur vous. Dikembe Mutombo, Jermaine O’Neal, Danny Granger ou Alonzo Mourning ont eu de belles carrières.
Car se faire prendre en photo comme ça, dans un moment délicat, c’est la preuve d’une chose : vous n’avez pas peur. Quand il faut y aller, il faut y aller. Quitte à être payé pour défendre, autant le faire et le mieux possible. Mais quand les matchups ne sont pas favorables, ça devient délicat.
Certains comme Ewing, Perkins ou Bird ont réagit : « ça ne sert à rien d’en faire un plat. Je suis allé défendre et il a sauté plus haut que moi. Je lui tire mon chapeau pour ça. Mais ce n’est qu’un dunk ». Voilà la réponse typique des joueurs qui s’en prennent tous les jours à l’entrainement et qui veulent se montrer pro.
D’autres décident de s’éloigner des médias qui ne font que répéter la même question. Kirilenko – avec Baron Davis – ou Timofey Mozgov l’ont joué discrète.
Mais c’est aussi pour certains un moyen de se motiver et de répondre présent. Pendant le match, ou pendant les matchs suivants, les Garnett, Olajuwon et O’Neal se sont toujours révélés meilleurs.
Comme quoi, il n’existe pas de profil type de joueurs posterizés. Ils partagent la même expérience mais ne partagent pas forcément la même carrière. Et beaucoup de ces joueurs espèrent un jour rentrer dans l’histoire avec d’autres photos d’eux.




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IguodalaForever Says:
Bon choix musical
Posted on avril 4th, 2012 at 13 h 42 min