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Detroit Pistons: A contre courant

Posted by Tamaash On novembre - 1 - 2012

Le basket est un sport en pleine mutation. Il évolue tout le temps, constamment il se réinvente. Ce qui était la vérité hier ne l’est pas forcément aujourd’hui.

Aujourd’hui d’ailleurs, du moins ces derniers temps, la tendance est au Small Ball, à des joueurs plus polyvalents, capables d’attaquer et de défendre plusieurs postes à la fois. Le Miami Heat en est l’exemple parfait, avec notamment LeBron James, point forward, capable de joueur aux postes 1 à 4. D’ailleurs, est-il encore utile aujourd’hui de définir 5 postes de jeu ? La NBA a récemment modifié ses conditions de vote pour le All-Star Game, poussant les pivots à devenir une espèce en voie de disparition.

Un exemple, nous ramenant aux Finals 2012. Sur le terrain, Kevin Durant et LeBron James évoluant au poste 4, Serge Ibaka et Chris Bosh, ailier fort de métier, au poste 5. Kevin Garnett vit lui aussi, plutôt bien d’ailleurs, son replacement au poste de pivot, où sa vista, sa mobilité font des merveilles. On pourrait en dire de même pour Tim Duncan aux Spurs.

Tous ces exemples pour montrer que le basket devient plus petit, plus rapide, plus polyvalent. Certains meneurs ne sont plus des gestionnaires, mais des scoreurs exceptionnels (Wesbtrook, Rose). Les rôles des postes sont redéfinis, chamboulés.

Pourtant, dans cette évolution vers le Small Ball, il existe une équipe qui se construit, qui grandit en allant à l’inverse de cette tendance. Équipe en reconstruction totale, les Detroit Pistons, franchise du Michigan, champion en 2004 face au quatuor magique des Lakers, à la surprise de tous.

L’an dernier, les Pistons alignaient dans leur raquette Ben Wallace, Greg Monroe, Charlie Villanueva (un vacancier), et Jason Maxiell. On ne peut pas dire que ces 4 joueurs soient les plus performants dans un basket polyvalent, où les intérieurs sont capables de marquer à 5-6 mètres (Big Ben, je t’aime quand même). Non, définitivement, les Pistons se rapprochent plus d’une raquette, plus classique, d’un ancien temps, un peu à l’époque Celtics qui disposaient d’une front-line assez impressionnante (Bird-McHale-Parish). Les New-York Knicks sont en train d’essayer. Mais pour le moment, l’un des 3 leur fait défaut (Stoudemire, out 6 mois).

Revenons-en à la franchise de Motown. On ne peut pas dire que les Pistons aient envie de suivre la tendance. La récente draft d’Andre Drummond, monstre physique, ne fait que souligner ce contre-courant que suit Detroit. On peut aussi ajouter l’autre rookie, le 7 pieds ukrainien Slava Kravtsov. Après avoir eu un front-line faiblard, on peut dire que les Pistons ont transformé cette faiblesse en force. Ajoutez à cela Greg Monroe, intérieur talentueux autour duquel la franchise construit, et il est clair que les Pistons nagent à contre-courant, où les ailiers shooters deviennent ailiers forts, et ailiers forts des pivots.

Mais la taille a fait ses preuves en NBA, et avant les récents changements, la taille était typiquement la route la plus facile vers le succès (Shaq, Jabbar, Olajuwon, Chamberlain, Russell).

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Tout est question de spacing, où les playmakers jouent le pick-and-roll pour créer des espaces aux shooters. Les deux derniers champions en font les parfaits exemples. Les Mavericks se sont taillés la voie du succès grâce à la formidable capacité de fixation de Nowitzki, et aussi au spacing créé par ses shooters. Le Heat, lui, dispose dans ses rangs de deux des cinq meilleurs joueurs de la ligue, couplés avec un ailier fort top 15.

Les Pistons, eux, ne vont pas dans ce sens, loin de là. Le coach des Pistons, Lawrence Frank, n’est pourtant pas pressé pour intégrer Drummond dans le starting five.

Et pourtant, le rookie a prouvé à quel point il pouvait être utile à son équipe, capable de transformer des saucissons en caviars, ou d’imposer sa loi dans sa raquette en dominant le panier.

Pour moi, toutes les équipes ne vont pas dans ce sens [le small ball]. Vous devez jouer avec vos forces, avec les qualités de vos joueurs. Aujourd’hui, les gens veulent voir du shoot, des belles phases offensives, avec de l’espace.  Conclut Frank.

Quand le small ball peut aider les équipes offensivement (remember Suns époqe Nash), cette manière de jouer peut poser de gros problèmes en défense. Le Heat s’en sort grâce à James, qui peut défendre les cinq positions et attaquer la raquette est difficile à cause de sa rapidité. Mais disposer de forces de dissuasion reste le meilleur moyen pour protéger son panier.

C’est une manière de faire (Garnett le fait très bien aussi). Une autre façon de faire, c’est de posséder des intérieurs athlétiques, grands, capables de protéger le cercle. Drummond en est le parfait exemple.

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