Jeremy Lamb : entre cauchemar et déception
Sélectionné en 12ème position de l’édition 2012 de la Draft, le jeune arrière Jeremy Lamb ne s’attendait certainement pas à commencer la saison dans le roster du dernier finaliste NBA. Et si d’un point de vue sportif, l’ancienne terreur de Connecticut ne pourrait pas être mieux servi, le caprice de James Harden pourrait d’un autre côté lui fermer les portes de la brillante saison rookie à laquelle il était promis à Houston.
Tout droit issu de la Norcross High School Academy en Géorgie (état d’Atlanta pour les moins férus de géographie américaine), où il tourna à 20 pts et 6 rebonds de moyenne, ce fils de pasteur a emmené ses coéquipiers jusqu’au championnat national avec un très beau bilan de 27 victoires pour 3 défaites. Recruté par la suite par l’université de Connecticut et son coach emblématique Jim Calhoun, Lamb passe de capitaine d’une équipe de lycée géorgien à seconde option d’une des plus grossses machines de la NCAA.
Sa première saison à UConn, l’ancienne fac’ de Ray Allen et de Richard « Rip » Hamilton (auquel il est souvent comparé) se passe dans les meilleures conditions : il joue tous les matchs et tourne à plus de 11 pts de moyenne. Franchissant régulièrement les 20 points, il hausse même son niveau de jeu lors du tournoi NCAA 2011 qui verra cette équipe de UConn remporter la March Madness après une finale disputée face aux Bulldogs de Butler. Avec 16,5 pts par match (ce qui est considérable en NCAA), Jeremy Lamb prend du volume et s’affirme comme le relais de Kemba Walker, Most Outstanding Player du tournoi, et futur 10ème choix de la Draft 2011 avec les Bobcats.
L’été suivant sera tout aussi important pour Lamb. Sélectionné pour disputer les Championnats du Monde FIBA des moins de 19 ans avec les Etats-Unis, il est le seul Américain à être élu dans le cinq majeur du tournoi malgré la décevante 5ème place des USA lors de la compétition. On retiendra notamment ses 35 points contre la Lituanie.
Sa seconde année à Connecticut est plus moyenne. En dépit de l’arrivée du phénomène physique Andre Drummond, UConn régresse depuis la perte de Walker tandis que Lamb stagne. Conscient de la situation, il décide de ne pas perdre un an de plus dans une fac’ qui doit en plus gérer des problèmes de résultats scolaires qui pourraient l’écarter des prochains tournois NCAA. Il se présente donc à la Draft 2012 et est sélectionné en douzième position par des Houston Rockets alors en pleine opération sabordage (amnesty de Scola, bradage de Lowry aux Raptors contre peanuts, …)

Ses summer league sont très probantes et Jeremy Lamb attire déjà les comparaisons très (trop ?) flatteuses. Avec les autres rookies de Houston tels que Terrence Jones, Royce White, Scott Machado et Donatas Motiejunas, ils écrasent la concurrence, et sous ses airs de « faux-endormi » (voire de « paresseux » diront les mauvaises langues), Lamb rappelle un certain Tracy McGrady. Oui, le scoreur de génie qui est allé se perdre en Chine cet été après des blessures récurrentes. Attaquant racé et complet, Jeremy est un des talents purs de cette Draft, à l’instar d’Harrison Barnes ou Damian Lilliard.
On s’attend donc à ce que Daryl Morey se sépare de Kevin Martin, le titulaire au poste d’arrière, scoreur efficace mais unidimensionnel, histoire de laisser de la place à Lamb pour se développer et devenir une des stars de cette cuvée 2012. Gagné. K-Mart fait ses valises pour Oklahoma City tandis que les Rockets récupèrent James Harden. Mais notre arrière suit l’ancien King à OKC et se retrouve confronté à une concurrence très rude. Kevin Durant et Thabo Sefolosha apparaissent comme indéboulonnables, tandis que Perry Jones III et… Kevin Martin sont destinés à les supplér. Lamb risque de n’avoir que des bribes de temps de jeu. Un gâchis.
Tout ça pour que Houston puisse donner 60 M$ sur quatre ans à un barbu remplaçant l’an dernier dans l’effectif du finaliste NBA 2012…




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