Kemba Walker VS Ramon Sessions : quel meneur pour cette saison ?
Article rédigé par Jean-Baptiste Peyton, Rédacteur du site Letsgocats, consacré aux Charlotte Bobcats
En sélectionnant Kemba Walker en 9ème position de la draft 2011, 3 ans après avoir draftéD.J. Augustin, il était clair que le staff des Bobcats voulait faire du ménage (ou disons plutôt du tri-sélectif) au poste 1.
Après une seule saison de cohabitation entre les 2 jeunes meneurs, D.J. Augustin a du faire ses valises. Même si ce dernier était le leader technique la saison dernière, les Bobcats ont décidé de faire all-in sur l’ex star de UConn, Kemba Walker, quitte à se saborder en libérantD.J. Augustin de sa dernière année de contrat pour le laisser s’engager aux Indiana Pacers… (un trade, ça impliquait de faire des heures supps ?).
Pour remplacer D.J., le GM Rich Cho a jeté son dévolu sur l’Angelino déchu Ramon Sessions, alors free agent. 4 mois après sa signature chez les Lakers en provenance de Cleveland, Ramon Sessions a donc dit adieu au glamour de LA pour remettre les mains dans le cambouis. Ca tombe bien, le moteur des Bobcats est grippé. Mais ce n’est bien sûr pas d’un mécano dont les Bobcats ont besoin, mais d’un meneur capable de créer l’étincelle. Avec ce duo Walker-Sessions, alliage d’explosivité et d’expérience, Charlotte possède 2 profils différents et sans aucun doute plus complémentaires que la paire précédente. Reste à savoir qui sera titulaire.
Le favori : Kemba Walker

Soyons clair, si depuis un an le staff des Bobcats met tout en oeuvre pour accélérer l’éclosion de Kemba Walker, il s’agit d’une preuve bien tangible que celui-ci est le meneur d’avenir des Bobcats. Toutefois, avant l’avenir, il y a le présent. Et aujourd’hui Kemba Walker, même s’il est en pleine progression, n’a rien d’unfranchise player. Lors de son année rookie, le joueur tournait à 12,1 points (avec un horrible 36,6% tir), 4,4 passes décisives et 3,5 rebonds par match. 5ème meilleur scoreur et 3ème meilleur passeur parmi les rookies de la promotion 2011, Kemba Walker a prouvé son potentiel, mais son niveau et son expérience ne suffisent pas encore pour qu’on le laisse conduire l’ambulance Bobcats sur autoroute de nuit avec le lecteur DVD allumé.
Au quotidien, le nouvel entraineur Mike Dunlap s’évertue à le responsabiliser. Le joueur a besoin de confiance, il lui en donne. En mode « montre-moi ce que tu sais faire », Coach Dunlap lui donne les pleins pouvoirs pour la Summer League, et il n’a pas été déçu. Sur ses 5 matchs à Las Vegas, Kemba Walker a tourné à 15,8 points (35% au tir… toujours aussi vilain), 5,8 passes décisives, 3,6 rebonds et 1,8 interceptions de moyenne par match… le tout pour 1 seule perte de balle. Ses prises d’initiatives ont été récompensées, mais au-delà de la feuille de stats on a vu un joueur s’appliquer à faire jouer ses partenaires, à alterner jeu d’équipe et pénétrations mais aussi un joueur capable d’enfiler le costume de clutch playerquand son équipe était en danger. Mais bon, « ça ne reste que la Summer League » vous me répondrez à juste titre. Ce à quoi j’ajouterai, que ce qu’on retient avant tout dans ce tournoi aux allures de série B, c’est l’attitude. Et sur ce point Kemba Walker a assuré. En dehors du terrain, il assume déjà vouloir jouer le rôle de grand-frère auprès du rookie Michael Kidd-Gilchrist. Mais sur le terrain, il en faudra plus pour devenir le mentor de l’équipe.
Même s’il fait preuve de plus de maturité dans son jeu, Kemba Walker a encore trop de déchets. Prise de risques inutiles, tir extérieur suspect, science du collectif encore trop limitée… si ces lacunes ne scellent pas l’issue d’un match de Summer League, en saison régulière de NBA cela peut coûter cher. Et sur 82 matchs, il y aura des soirs où le talent ne suffira pas. Et c’est là qu’interviendra Ramon Sessions.
L’outsider : Ramon Sessions

Lors de sa présentation en conférence de presse, Ramon Sessions a su mettre les mots sur ce qu’on attendait de lui : expérience, montrer la voie aux jeunes pousses et quelques victoires en plus. Alors qu’il avait dû quitter Cleveland suite à l’investiture de celui qui sera élu Rookie of the year, Kyrie Irving, Ramon Sessions se retrouve aujourd’hui dans une situation similaire : le joueur expérimenté derrière le jeune talent, à la différence que Kemba Walker ne joue pas encore au niveau de Kyrie Irving. Ramon Sessions n’aura donc sans doute pas le temps de s’ennuyer sur le banc. Convaincant en saison régulière à Los Angeles (12,7 points à 47,9% au tir – 6,2 passe dé par match), il a ensuite déçu lors des Playoffs. Mais pas de souci de ce côté là à Charlotte, les Playoffs ne se joueront qu’à la Playstation ©.
Alors que le poste de titulaire semble promis à Kemba Walker, Coach Dunlap pourrait tout de même avoir l’idée de faire démarrer Ramon Sessions en fonction de l’adversaire du soir, ou des performances de son coéquipier. Encore une fois dans l’optique de tirer le meilleur profit de Kemba Walker, Coach Dunlap pourrait laisser Ramon Sessions jouer le premier quart-temps pour poser les bases du jeu des Bobcats face à des joueurs plus expérimentés, et envoyer Kemba au charbon quand le banc adverse commencera sa rotation afin de tirer profit de sa vitesse et de son énergie pour appuyer là où ça fait mal.
A long terme, cette option de coaching pourrait brider la progression de Kemba Walkermais rapporter des victoires. Même si l’objectif est d’éviter le fiasco de l’an passé, la saison 2012-2013 sera une nouvelle année de transition. Et les Bobcats sont encore prêts à sacrifier quelques victoires, sans doute anecdotiques au final, pour laisses ses talents exploser. Kemba Walker en fait partie, et il le sait il aura le droit à l’erreur. Mike Dunlap l’a dit, il ne sanctionnera pas un joueur qui rate un tir ou une passe, il relèvera surtout le manque de travail !
Le mot de la fin : Kemba Walker wins
En conclusion, Kemba Walker devrait bien être le meneur numéro 1 de l’équipe, celui avec le plus de temps de jeu. Mais pour arracher un maximum de victoires et ainsi maintenir son équipe suffisamment compétitive pour assurer sa progression, il aura besoin d’un Ramon Sessions. Là où la concurrence était trop frontale avec D.J. Augustin, dans cette formule les Bobcats lui témoignent une marque de confiance. La saison suivante, peut-être pourra-t-il enfiler le costume de patron, à moins que cela ne se produise avant (c’est ce que l’on souhaite aux Charlotte Bobcats). De son côté Ramon Sessions n’aura rien d’un sparring partner, les Bobcats comptent sur lui pour élever le niveau de jeu de l’équipe et ce défi le motive.




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