L’alchimiste au pouvoir
« On ne peut se fier à un homme si l’on ne connaît pas la maison qu’il habite. » Paulo Coelho, L’alchimiste.
Toute équipe sportive a ce joueur qui est souvent mis à l’écart, qui ne demande pas grand chose et qui regarde les plus talentueux s’éclater. Et toute équipe sportive se repose beaucoup sur cet Alchimiste. Surtout en NBA, où ces spécimens sont rares et pourtant fondamentaux.
Souvent 11e, 12e ou 13e joueur d’une franchise, l’alchimiste a un profil atypique. Il n’est jamais de mauvaise humeur, se donne pendant les entrainements et encourage toujours ses coéquipiers. Il est discret mais a besoin d’attention. Il fait la pluie et le beau temps dans le vestiaires. Il encadre les jeunes et soutient les stars. L’alchimiste, c’est le joueur que vous voulez absolument si vous êtes GM. C’est celui qui peut prendre tous les coups à l’entrainement, et qui fera la sale faute au bon moment.
Vous l’avez compris, c’est le pro en version ultime. Et c’est un altruiste. C’est donc un joueur apprécié ? Seulement dans le sein privé de l’équipe, car le public ne le voit pas. Il ne peut pas l’apercevoir, il ne joue jamais, ou presque.
Des mines d’or
Le meilleur cette année, avant qu’il ne soit prié de laisser la place, c’était Renaldo Balkman. Il jouait à NY, et ne demandait rien d’autre que de taper dans les mains des Melo, Stoud, Tyson. Peu avare de compliments, il était très apprécié du roster. Vétéran du banc en NBA, Balkman est un joueur utile qui peut donner des coups de mains mais qui essaiera de faire trop s’il joue plus de 10 minutes. Il peut pourrir un match, mais n’a jamais voulu jouer si longtemps.
S’il a du faire de la place pour JR Smith, et a donc été coupé, il ne l’a pas mal pris et s’est même montré reconnaissant aux joueurs et au staff pour ses années sous les couleurs bleue et orange.
Il y a une raison pour que des vétérans soient régulièrement embauchés par les franchises. Ils doivent remplir ce rôle. Ils peuvent permettre d’obtenir un titre (Brian Cardinal) ou de s’en rapprocher (Turiaf, Marquis Daniels). Ils sont payé pour leurs performances hors-terrain. Et le meilleur, c’est qu’ils le savent.
Ils ne doivent en effet leur place en NBA qu’à ces critères. Karaokés, barbecues, restaus lors des tournées NBA, tous les moyens sont bons. Mais le plus important, c’est que ceux qui jouent soient toujours dans la bonne mentalité.
Ce ne sont pas des serviteurs ou des suiveurs. Ils sont respectés pour ce qu’ils sont et ce qu’ils apportent. Prenons l’exemple d’ OKC. Daequan Cook est dans sa 4e année NBA. On a l’impression qu’il est là depuis une décennie, mais non. Et quand Durant, Westbrook ou Ibaka passent plus de temps avec lui qu’entre eux, ça veut tout dire. Cook est là pour checker et encourager avant le match, pour supporter avant et pour féliciter (ou pour réconforter) après. Les équipes NBA l’ont compris et sont toutes à la recherche d’un alchimiste.
Erreurs de casting
Mais en voulant la perle rare tout de suite, beaucoup de franchises se sont trompées. Il n’est pas possible non plus d’utiliser les caractéristiques de l’alchimiste dans toutes les équipes. Ils doivent coller aux valeurs défendues, au jeu proposé et aux fans attentifs. Chris Duhon à Orlando, Charlie Villanueva à Detroit, on a voulu faire des ses joueurs au CV rempli de minutes des alchimistes. Mais ils ne sont pas dedans et se plaignent avant de supporter. Résultat, l’ambiance est dégradée. De toute manière, Orlando n’a pas besoin de ça en ce moment.
L’idée reçue est que si un joueur peut jouer ce rôle dans une franchise, il peut le faire partout. Mais non. Seul Brian Scalabrine est l’exception qui confirme la règle. Très apprécié dans le vestiaires de Boston – moins par les fans – c’est aujourd’hui le héros de la ville de Chicago. Sa mentalité colle aux joueurs et habitants de la ville. Il n’a pas de voiture et se fait déposer par le staff ou les fans eux-mêmes, il a distribué son salaire en Italie pendant le lockout, il est toujours derrière Noah, Asik, Korver, ces joueurs qui ont besoin de soutien.
Alors que certains vont connaitre une carrière NBA grâce à ce pouvoir très particulier, d’autres tentent de se faire passer pour des coéquipiers modèles et espèrent prendre cette place, encore vacante dans pas mal de franchises. Le staff s’y laisse prendre, et le résultat est aberrant. Des contrats sont signés par des joueurs pour remplir ce rôle qu’ils n’ont jamais adopté. Jerry Stackhouse et Tracy McGrady sont deux exemples dans une même franchise d’Atlanta en mal de leadership.
Un poste convoité, une demande grandissante
Donc voilà qu’en NBA la demande pour ce type de joueur est en hausse. Et que l’offre est stable. Les prix montent donc (simple logique de marché), faisant de ce poste un must pour débuter, finir ou continuer une carrière, tout dépend de votre situation. Les franchises en grand besoin d’alchimiste sont les premières à tenter des mouvements : Blazers, Lakers, Knicks, Magic.
Mais on ne nait pas alchimiste. On le devient au fil des aventures NCAA ou NBA, au fil du temps et en fonction de l’expérience acquise. C’est ici je crois le meilleur d’entre eux :
Celui là ne sera peut-être pas drafté, mais il jouera en NBA.
Et à vous de faire la même chose si vous voulez un jour rejoindre la ligue. Turiaf l’a compris, se faire aimé dans les vestiaires, ça vous assure une longue carrière.




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