Le mystère Brandon Roy
Article rédigé par Guillaume Jakisa Bastaroli @MisterJak3
Beaucoup, beaucoup trop de joueurs s’en vont, avant de marquer l’histoire, comme ils auraient du le faire. C’est le cas de Brandon Roy, joueur à la technique dantesque, aux capacités merveilleuses, et aux genoux besogneux. Voici l’histoire de l’un des plus grands malheurs de l’histoire de notre sport.
L’histoire commence au Lycée de Garfield (pas le chat…), dès cette époque il est déjà considéré comme un phénomène, une star en puissance, il pense déjà à la NBA, et n’a que 18 ans. Motivé par la grande ligue, il inscrit son nom sur la Draft 2002, après quelques temps de réflexion, il se rétracte, et rejoint l’Université de Washington, à Seattle où il passe quatre saison, et emmène les Huskies deux fois au Sweet Sixteen. Il termine son cursus avec des statistiques honorables, ou il n’a cessé de progresser (6,1 points sur la première année, 20,2 points sur sa dernière).
Nous sommes en 2006, le 28 Juin
David Stern appelle alors un certain Brandon Roy, en sixième position. Choisit par les Wolwes (le hasard fait bien les choses) il est immédiatement envoyé à Portland, il ne fait pas le voyage seul, il est accompagné de LaMarcus Aldridge, envoyé par les Bulls.
Portland entame sa reconstruction, et compte sur ses deux jeunes pousses pour redorer son blason d’antan.
McMillan n’attend pas, et envoie tout de suite Roy sur le parquet, et dans le cinq. C’est payant, il termine sa saison avec une moyenne de 16,8 points, 4,4 rebonds, et 4 passes. Roy est devenu en une saison, le véritable franchise player, qui a un impact sur tout les matchs.
Naturellement, il est élu meilleur Rookie de l’année.
Une lueur d’espoir naît à Portland, l’espoir de retrouver enfin les sommets de la ligue. Les Blazers se rendent bien compte de l’extraordinaire potentiel de Roy, et comptent bien lui laisser sa chance. Il envoient Zach Randolph aux Knicks, et confient le leadership au jeune minot, qui va prouver une nouvelle fois son talent, et sa maturité.
Comme souvent, le talent est reconnu et en un an, il passe d’espoir à celui de super star en puissance. Il termine la saison meilleur marqueur des Blazers, 19,1 points, et avec une première sélection au match des étoiles. Portland ne retrouve pas les Playoffs, mais la star continue de progresser.
Durant la pré-saison 2008-2009, Brandon se blesse légèrement au genou. Cette blessure n’effraye personne, et semble complètement anodine. Mais un léger doute s’installe, à commencer par la presse, qui se demande si le joueur n’est pas fragile. Roy prouve rapidement qu’il est plus fort que jamais. Quelques semaines plus tard, il abat les Rockets d’un shoot assassin au buzzer.
Mais il ne s’arrête pas là. Il dynamite les Suns le 18 Décembre 2008, 52 points. Remballez, c’est plié. Logiquement, il retrouve le match des étoiles, et participe au All-Star Wee-end. La belle époque.
Roy prouve définitivement qu’il a sa place parmi les grands, il réalise une grande saison, 22,6 points, 4,7 rebonds, et 5,1 passes. Nommé dans le deuxième cinq de la NBA, neuvième au MVP.
La plus grande progression est collective, les Blazers réussissent à se qualifier pour les Playoffs et malgré une moyenne de 26,7 points, les Blazers se font Rocketter (Oui, oui, je sais…) 4-2. Les dirigeants comprennent pourtant que l’avenir s’écrira avec lui. Courtisé, suivit par plusieurs franchises, les Blazers lui proposent 82 millions, sur 5 ans, leur maximum possible. Il accepte.
Roy continue de progresser, et de s’imposer sur la côte Ouest durant la saison qui suivra. Juste avant les Playoffs, c’est le malheur, le début d’une longue descente aux enfers. Il se blesse au genou droit, et doit manquer la totalité du premier tour. Mais, il revient, et permet aux Blazers de recoller à 2-2. Ils seront finalement sortis par les Suns, et ce, malgré le retour de l’enfant prodige. Tout le monde fait le même consta:, sans cette blessure, ils seraient passés.
Octobre 2010, l’année noire, l’année de la mort.
Un mois et demi de compétition, et tout s’arrête brutalement, Roy souffre d’arthrites dues à un manque de cartilage. Cette blessure affecte les genoux, déjà son point faible. Il est opéré d’urgence, et manque deux mois de saison régulière. C’est le début de la fin.
Le retour se fait le 23 février 2010. Il se trouve à des années lumières de son ancien niveau. Il n’est plus All-Star, ni même titulaire, il se retrouve en fond de banc, huitième joueur de la rotation.
La souffrance est physique, et aussi psychologique, il ne parvient pas à surmonter ces défis, et sombre. Il tombe en larmes devant la presse, Portland est mené 2-0 contre Dallas, personne n’y croit, lui-même n’y croit plus. Deux matchs plus tard, il se produit quelque chose d’indescriptible, de… surnaturel.
Roy réussit l’un des plus grand come-back de l’histoire du Basket, de l’histoire tout simplement. 24 points en 24 minutes.
Malgré cet exploit, il est contraint d’annoncer l’inévitable, sa retraite sportive :
«C’est un jour difficile et douloureux. J’aime le basket. J’aime les Portland Trail Blazers et nos fans, mais après avoir consulté mes médecins, je suis contraint d’accepter l’idée de mettre un terme à ma carrière pour raison médicale, dans le respect des règles définies par les convention collectives. »
Il quitte alors le monde du basket. Mais il n’oublie pas le sport, ni même la balle orange. Secrètement, il s’entraîne, récupère physiquement, et annonce son désire de retrouver les parquets, il se sent prêt :
«Après quelques mois d’absence, je me suis dit, je ne veux pas arrêter de jouer au basket. Je voulais continuer à aller de l’avant. Je ne me suis jamais dit, c’est fini pour toujours. C’est plutôt une pause.
Vous me connaissez, je reviens pour jouer. Je ne serais pas revenu si c’était seulement pour jouer 15 ou 20 minutes. J’ai la conviction qu’un avenir brillant m’attend mais je ne veux pas trop parler de ça. Je préfère le prouver sur le terrain.»
Le 6 Juillet, il signe un contrat de deux ans avec les Wolves, pour 10 millions de dollars.
Selon les tests, il est à 80% de ses capacités physique. Ayant repris l’entraînement depuis quinze jours, Roy se sent en forme :
« J’ai franchi des tonnes d’obstacles depuis mon retour, et je me sens parfaitement bien. »
Il n’y a plus qu’à espérer qu’il ne soit plus touché par ces blessures à répétitions, et qu’il prenne du plaisir sur le terrain !





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