Le paradoxe Iverson
Cela faisait un bout de temps qu’on était sans nouvelles d’Allen Iverson. Le voilà de retour dans la sphère public à parler NBA, Chine et reprise d’une carrière déjà très mouvementée.
Toute sa carrière a été construite autour d’un paradoxe. Pendant ces années de gloire, puis de détresse, Iverson a transpiré le basket sans pour autant vouloir courir. Aujourd’hui, il veut tenter un n-ième retour dans la ligue. S’il venait à rater le train, il jouerait ailleurs. Ailleurs signifiant ici la Chine.
Iverson, ce sont des centaines d’images qui peuvent résumer le basket en quelques secondes. C’est un cross sur Jordan, un dunk en contre-attaque, une des plus belles séries de l’histoire contre les Raptors de Vince Carter en 2001. C’est une finale NBA avec une équipe pourtant plus que bancale. Il n’y a qu’à voir le starting five pour s’en rendre compte :
Allen Iverson, Aaron McKie, Jumaine Jones, Tyrone Hill et Dikembe Mutombo
Alors bien sûr, Tyrone Hill (draft 1990 avec Payton et Coleman) a été All Star, comme Mutombo, et la franchise a terminé la saison régulière à la 1e place devant Milwaukee, 56-26, mais que ces Sixers ont paru loin du compte en finale. Une saison sur un nuage, des Playoffs parfait, jusqu’à la déception contre les Lakers, malgré une série à 35,6 points par match.
L’année suivante, il était encore meilleur scoreur NBA. Avec une moyenne en Playoffs de 29,7 points par match, il a la deuxième performance en carrière derrière Michael Jordan. Il est 6e en saison régulière (26,4 points). Il est Rookie de l’année en 1997, et deux fois MVP du All Star Game.
Une superstar.
Une légende.
Un paradoxe.
Car ce génie devait forcément s’altérer un jour ou l’autre. Malgré les distinctions personnelles, les années qui suivent la finale NBA se ressemblent. Des sorties en Playoffs trop tôt. Un départ de Larry Brown chaotique. Randy Ayers et Chris Ford frustreront la star qui se renfermera. En 2005, lueur d’espoir, les 76ers récupèrent Iguodala à la draft et Chris Webber dans un trade.
Sortie au premier tour contre les Pistons de… Larry Brown, champions en titre.
Après une autre saison à galérer, Iverson et Webber arrivent très en retard au dernier match de la saison. Ils ne jouent pas et sont même punis par le front office. Pourtant, et malgré les rumeurs persistantes, Iverson annonce clairement qu’il restera à Philadelphie la saison suivante.
Il demande à être transféré au début de la saison 2006, ce que Philadelphie fait en décembre. Envoyé à Denver, il joue aux côtés de Carmelo Anthony, alors meilleur marqueur – Iverson étant 2e scoreur NBA.
Deux ans plus tard, le voilà envoyé à Detroit pour Billups et McDyess. Puis à Memphis. Puis retour à Philadelphie.
En 2010, lassé de tous ces coups manqué, il part en Europe pour le Besiktas d’Istanbul. Blessé rapidement, il ne joua que deux mois en Turquie pour ce club qui à l’époque ne participait qu’à l’Eurocoupe. Une fin de carrière en dent de scie, entre essais, retours nombreux, coups marketing et déclarations choc.
Après s’en être pris à différents coachs, puis certains arbitres eux mêmes, comme Steve Javie, Iverson a continué à chercher des responsables autour de lui. En oubliant souvent de se remettre en question.
Un joueur de génie, 10 ans à Philadelphie inoubliables, mais une faculté à pourrir ce qui pourtant fonctionne autour de lui. Très peu aidé dans ses années 76ers, il avait alors montré toutes ses capacités de leader. À Denver, il a su mettre en avant son côté coéquipier pour Anthony. Mais depuis l’expérience Detroit, tout semble s’effilocher.
Aujourd’hui, le voilà sur le retour, encore une fois. Faut-il le prendre au sérieux ? Est-ce un coup markéting parmi d’autres ? Quoiqu’il en soit, son envie de jouer est intacte. Celle de faire parler de lui aussi.
La preuve.





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