Le trash-talking en voie de disparition
Ce matin sur Twitter (@posterdunknews) nous avons lancé un débat avec quelques-uns de nos collègues, après les évènements de la nuit à Oklahoma City, entre James Harden et Kobe Bryant.
Alors le débat s’est prolongé jusqu’ici.
Il faut rappeler, pour ceux qui ne le savent pas, que le ‘trash-talking’ est apparue à la fin des années 80 en NBA. Il s’agit d’enfoncer l’adversaire en lui parlant pendant le match, les actions, le poussant à shooter ou l’humiliant complètement en défense, dans le pur esprit street des années 90.
En voie d’extinction, la race des ‘trashers’ est aujourd’hui composée de quelques membres de premier plan. À commencer par Kobe Bryant, superstar des Lakers qui a longtemps déstabilisé ses défenseurs en envoyant quelques ‘losers’ en même temps que ses shoots. Kevin Garnett, figure du grand banditisme NBA, a longtemps eu des escarmouches avec ses collègues. Profil typique du warrior et de celui qui met tout dans son jeu, il a souvent dépassé les bornes. Ron Artest a lui aussi connu des heures de gloire dans l’arène, le menant jusqu’à une bagarre générale au Palace d’Auburn Hill de Detroit.

Récemment, c’est le frenchy Joakim Noah qui s’est illustré. Injures vers LeBron, Garnett ou Rondo, il est friand de ces petites phrases qui tuent. ‘Pussy’, la dernière en date, n’a même plus créé de tensions entre Bulls et Celtics, tant ces gestes sont, entre ces deux franchises, devenus habituels.
Mais les années 90 ont été le théâtre de l’émergence de ce style de jeu. Le plus grand joueur de tous les temps est aussi le plus grand ‘trasher’ de tous les temps. Oui, il arrivait à Shawn Kemp – non on déconne – à Michael Jordan d’user et d’abuser de ce street-style. Compétiteur devant l’éternet, Jordan pouvait écraser un adversaire sans avoir encore marché sur les parquets. Ce sont Bryon Russell, Craig Ehlo, John Starks et Patrick Ewing qui ont le plus subi sur la carrière de His Airness.
Chaque action était créatrice de tensions qu’adoraient Jordan, et qu’il utilisait comme motivation.
« Tu ne shooteras pas. Tu ne peux pas, tu as peur. Regarde je m’écarte, je te laisse shooter, vas-y. Tu vois, tu as peur »
Il est aisé d’en nommer quelques-uns de ces vertes années qui ont tous pris plaisir ou se sont laissé aller à balancer sur leurs adversaires. Outre MJ, citons Gary Payton (ex-Sonics, Heat), mais aussi Shaq et Charles Barkley, Isiah Thomas, Latrell Sprewell, Marbury, Rasheed Wallace et consorts.
Alors bien sûr, depuis le début des 90 et la fin des années 2000, il était de bon genre de clasher un peu. Ça donnait un genre et ça montrait de l’assurance.
Depuis 2004 et la ‘brawl fight’ à Detroit entre les Pacers et les Pistons (Artest vs. Ben Wallace), la NBA a voulu nettoyer tout ça. La technique arrive désormais 10 secondes plus vite. Un mauvais geste et c’est fini. Une plainte, un sourire, un mouvement suspect, bam, c’est sifflé. Il faut éviter tous ces exemples qui pour les officiels ont tous abîmer l’image de la ligue nord-américaine.
Triste sort que celui qu’a connu la NBA depuis. Si les excès étaient bien présents, elle a perdu ce qui la rendait ‘humaine’. Peu importe les millions de $. Ce qui marquait, c’était bien les duels et affrontements entre joueurs qui se détestaient.
Aujourd’hui, et le All Star Game est malheureusement à cette image, tout le monde est pote. Toutes les grandes stars de la Ligue s’apprécient, s’appellent, et tous se congratulent.
Quand un évènement comme celui de cette nuit apparait, les uns montent sur leur grand chevaux, d’autres croient revenir dix ans en arrière, au temps où la NBA était un champ de bataille.
Mais aujourd’hui, attention à ne pas tomber dans l’inverse. Kobe est toujours là à envoyer des petites phrases sympa, Garnett continue de nous faire rêver, qu’on l’aime ou non, dans ses interviews d’après matchs, mais de nouvelles têtes apparaissent, pas toujours celles que l’on attend.
Car c’est James Harden cette nuit, Mario Chalmers un autre soir, ou Jason Terry avant. Ce sont ces joueurs, discrets par ailleurs, qui doivent leur succès à d’autres, et qui gonflent la poitrine en cherchant un peu de lumière.
Attention, je ne dis pas qu’ils ne sont pas bons. Je dis qu’ils ne devraient pas faire autant les fiers. Mario Chalmers n’a encore rien prouvé en NBA. Piètre (oui oui) meneur du Heat, il récupère les miettes des LeBron, Wade et Bosh. James Harden sera élu meilleur 6e homme cette année, et il le mérite, mais il passe après Westbrook, Durant ou Ibaka dans les facteurs de la réussite du Thunder d’OKC. Terry et son avion ne sont pas à plaindre. Champion cette année avec Dallas, il peut être exaspérant avec ses ailes déployées.
Finalement, la provoc’ a remplacé la rage de vaincre. Les petits ramasseurs de balle ont remplacé dans ce rôle les grands champions de la gagne. Et c’est dommage.





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IguodalaForever Says:
Très beau papier !
Posted on février 24th, 2012 at 17 h 17 min