LeBron, 36 minutes chrono
Pendant cette saison condensée, il a été beaucoup question du piètre niveau de jeu affiché par les 30 franchises en NBA. Le ratio passes décisives/balles perdues n’a jamais été aussi faible, tandis que certains écarts au tableau d’affichage n’ont jamais été aussi importants. Même si le calendrier est resserré, ce qui apporte des affiches en continu, pour notre bon plaisir et celui des propriétaires ($$$), certains réalisent la saison de leur vie. C’est le cas de Kyle Lowry par exemple, ou des rosters de Philadelphie ou d’Indiana. Mais celui qui est le plus concerné par cette description de « enregistre la meilleure saison de sa vie », c’est LeBron James.
Sur une période de temps très condensée, sans Dwyane Wade, et aux côtés d’un Chris Bosh inconstant, LeBron est en train de signer une des meilleures saisons de l’histoire, sans pour autant être ultra convaincant.
On peut facilement pointer comme meilleure saison individuelle pour un arrière/ailier celle de Michael Jordan en 1988-1989 : 32.5 Points, 8.0 passes, 8.0 Rebonds, 2.9 interceptions, 53.8 % au shoot, 85 % aux Lancers-Francs, et un PER de 31.1 (ce qui est juste monstrueux). En ce qui concerne les intérieurs, le concours est un peu faussé. Wilt Chamberlain, Bill Russell et compagnie n’avait pas de concurrence. Le grand Wilt a réussi des saisons à plus de 35 points et 20 rebonds de moyenne, tout en faisant 8 passes décisives par match. On le classera donc hors-catégorie.
Là, je sais que vous avez hâte de découvrir la ligne de stats de LeBron. Avant de filer voir sur un autre site, la voici : 29.7 Points, 7.0 passes, 8.3 Rebonds, 55.3 % au shoot, 75 % aux Lancers-Francs, et un PER de 33.38, qui est tout simplement le meilleur enregistré dans l’histoire de la NBA.
Simplement impossible. Et d’autant plus que James est un des tous meilleurs de tous les temps pendant 36 minutes seulement. Celui dont les performances en Finales NBA l’année dernière lui ont valu le surnom de LeChoke James (« L’effondrement James ») reste très incertain pendant les 12 dernières minutes des matchs qu’il joue. Dimanche contre Chicago, mercredi contre Milwaukee, les exemples sont nombreux pour souligner sa difficulté lors des moments clés.
Prenons ce match à Milwaukee. Dans le 1er QT, Miami score 40 points et mène de 17 points contre les Bucks. En 12 minutes, James a inscrit 24 points. Il domine Milwaukee (23 points) en jouant tout seul. C’est dire.
Pourtant, rien n’y fera, le talent de Brandon Jennings et le désormais fameux effondrement de James (0/2 dans les 7 premières minutes du 4e QT) auront raison du Heat, qui enregistre là sa 2e défaite cette saison contre Milwaukee. Ses pertes de balles, ses passes « sautées », ou ses shoots à 3 points hasardeux constituent la majeure partie de son jeu dans le « clutch time ».
Pourtant, cette année le joueur a travaillé avec Kareem Abdul-Jabbar pour améliorer son jeu au poste. Et quand on le voit travailler en « iso », on se dit qu’il est inarrêtable. Bras roulé, lay-ups ou shoot en suspension, tous les points offensifs se sont améliorés. Il est sans conteste le meilleur joueur de la Ligue à son poste ou au général.
Il est en route pour le titre de MVP. Certains en doute, car aux vues de ses dernières Playoffs et Finales, il ne le mériterait pas. Mais statistiquement, ce que récompense le trophée ce sont les statistiques sur la saison, il enregistre tout bonnement la meilleure saison par un « perimeter-player » depuis Jordan. Peut-être même peut il faire mieux.
Pour cela, il va falloir commencer à jouer les 12 dernières minutes de chaque rencontre.





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