Père-Fils: Zoom sur un duo pas si rare
Récemment, lors d’un match de pré-saison qui opposait les Denver Nuggets aux Portland Trailblazers, j’ai eu l’occasion de découvrir Coby Karl, meneur rookie de la franchise de l’Oregon. Vous l’avez compris, le petit Coby n’est autre que le fils du coach des Nuggets, George Karl.
Les Warriors
Même si on ne doute pas du talent du fiston, on a du mal à penser qu’il explosera les box-score. Non drafté à sa sortie de Boise State en 2007, il trouvera une place dans l’effectif de pré-saison des Lakers. Mais les minutes se feront extrêmement rares pour lui, derrière Kobe Bryant et Sasha Vujacic. Malgré ça, sa récente performance en pré-saison face à l’équipe de son père lui donnera peut-être une seconde chance. Avec 11 points et 5 passes, Coby Karl a participé à la victoire de son équipe.
Mais ce n’est pas tant dans le basket que ce duo père-fils est exceptionnel. En effet, la carrière de joueur du père n’est pas extraordinaire, disons même anodine. Non, la particularité de ce duo, c’est que les deux hommes ont dû faire face au cancer, et ont chacun triomphé de celui-ci.
Le 17 juillet 2005, les Nuggets annoncent que Karl souffrait d’un cancer de la prostate. Il en sortira vainqueur. Mais le pire l’attendait, puisqu’après le All-Star Game 2010, un cancer de la gorge lui ait diagnostiqué. Il est éloigné des parquets et des bancs jusqu’à la fin de la saison (les Nuggets sont éliminés au second par le Jazz en 6 matchs). Encore une fois, il s’en remettra, et coachera chaque match de la saison suivante, devenant ainsi le septième coach à atteindre les 1000 victoires en carrière.
Coby Karl n’a pas non plus été épargné. En effet, on lui diagnostique pendant sa carrière universitaire un cancer de la thyroïde, cancer qui se soigne « assez facilement ». Son père l’a ainsi suivi lors de ses opérations, en quittant son équipe en pleine saison. Un duo de vainqueurs, assurément.
Les fils dans l’ombre
Notre second duo, ou plutôt quatuor, concerne Bill et Luke Walton, mais aussi Dolph et Danny Schayes. Le premier duo est certainement le plus connu, et pourtant Dolph Schayes n’était pas le dernier venu concernant la balle orange. En effet, ces deux duos détonnent par leur ressemblance : des pères phénoménaux, et des fils anodins.
Ainsi, les deux pères ont été introduits dans la liste des 50 plus grand joueurs de tous les temps. Bill Walton tournait ainsi à 13 points et 10 rebonds de moyenne en carrière, gagnant plusieurs fois les sélections en All-NBA Team et All-Defensive Teams. 2 fois champions NBA, il a été élu une fois MVP et MVP des Finals.
Dolph ne donne pas sa part au chien non plus. Moyennant 18 points et 12 rebonds de moyenne, il sera sélectionné 12 fois dans les All-NBA Teams, et sera 12 fois All-Star. Il gagne aussi un titre de champion NBA avec les Syracuse Nationals en 1955.
Pourtant, les deux fistons n’ont pas démérités. Pour Luke, on peut simplement dire qu’il est tombé dans la bonne équipe. Dépassant rarement les 10 points de moyenne, il parvient toutefois à décrocher 2 titres en NBA, avec les Lakers. Danny, lui, a été plus fort individuellement. En 1987, il tournait avec les Nuggets à 13,9 points et 8,2 rebonds par match. Malgré ça, il n’a cessé d’écumer les équipes dans la grande ligue. La pression d’un nom est parfois dure à assumer.
Les fistons devraient réussir
Deux fils. L’un a tout à prouver. L’autre, on connait son talent, mais son physique le trahit trop souvent. Honneur au plus jeune.
Dans la famille Rivers, je demande le père. Glenn Anton Rivers, dit Doc Rivers. Ancien joueur au sein des Atlanta Hawks époque Wilkins, il est aujourd’hui le coach des Boston Celtics. Pour un second tour de draft, on peut dire que Rivers a fait une belle carrière. 10,9 points de moyenne, 5,7 passes et 3 rebonds de moyenne par match, et une sélection au All-Star Game en 1988. Une carrière solide.
Pour le coaching, c’est autre chose. Entraîneur du Magic d’Orlando de 1999 à 2004, il décroche le titre de Coach of The Year en 2000 (n’oubliez pas notre preview !). En 2004, il débarque à Boston, où en 2008, il coachera le Big Three composé de Garnett, Pierce et Allen. Consécration la même année, où l’équipe devient championne NBA. Consécration personnelle, Rivers devient Coach of The Year pour la deuxième fois. Encore une fois cette année, l’équipe du Doc sera un sérieux contender au titre NBA.
Et le fiston ? Austin de son prénom. Véritable star au lycée, il tourne en 2010-2011 à 28,8 points, 6,1 rebonds et 2 steals par match. L’année suivante, il intégrera le programme universitaire de Duke. Durant sa seule saison avec les Blue Devils, Rivers tourne à 14 points et 5 rebonds de moyenne. Déception, Duke est éliminé dès le premier match lors de la March Madness. Par la suite, Rivers annonce qu’il se présente à la draft. Il sera sélectionné en 10ème position par les New Orleans Hornets. On ne peut toujours pas juger du réel niveau d’Austin. Ses pépins physiques l’ont empêché de montrer ses capacités. Pourtant, et même si on pense qu’il a sauté le pas un peu trop tôt, le protégé du Doc devrait réussir une carrière solide dans la grande ligue.
Dans la famille Curry, j’appelle le fils Stephen. Le meneur des Golden State Warriors a du talent plein les mains. Mais aussi des chevilles en cristal. Le jeune meneur ne déçoit pas par ses performances, mais plus par sa propension à se blesser. Et pourtant, le talent du gamin est énorme. Lors de sa saison rookie, il poste 18 points, 4 rebonds et 6 passes par match, ce qui lui vaudra une sélection dans la All-NBA Rookie Team (il n’est même pas très loin d’une All-NBA Team). Ajoutez à cela l’un des plus beaux shoots de la NBA, et vous avez un meneur qui, espérons, explosera tout cette année.
Et si on parle de shoot soyeux, comment ne pas citer le père, Dell Curry. Membre des Hornets époque Mourning/Jonhson, Curry tourne en carrière à 11 points, à 40% dans le champ et 84% aux lancers-francs. Cerise sur le gâteau, il est élu 6ème homme de l’année en 1993-1994 (ne manquez pas notre preview !). On peut le dire, le nom Curry rime avec shoot. A peu près.
Les 2 ont plutôt bien réussis
Dans la rubrique « Donnez-moi un nom à coucher dehors », j’appelle Ernie et Kiki Vandeweghe (on va les appeler par leur prénom, hein). Vous ne devez sans doute pas connaître Ernie, mais un peu plus son fils, Kiki. Commençons donc par le père.
Ernie V. a joué 6 ans aux Knicks de New-York dans les années 50. Il posta 9,5 points et 4,6 rebonds par match. La carrière de l’arrière fut courte puisqu’il intégra l’Air Force en tant que physicien.
Passons au fils, Kiki. Ernest Maurice, de son vrai prénom, joua pour plusieurs équipes, dont les Nuggets, les Blazers, les Knicks et les Clippers. Scoreur prolifique, Kiki tournait en carrière à 19,7 points et 3,4 rebonds par match. Durant la meilleure partie de sa carrière, l’ailier postait 24 points et 4 rebonds par match. Fait notoire sa carrière, il formait avec Alex English un duo de scoreurs incroyables. A eux deux, ils ont scorés 98 points lors d’un match, English finissant avec 47 et Kiki avec 51. Ajoutez à cela 2 sélections au All-Star Game, et vous obtenez un super ailier.
Mais la carrière de Kiki ne s’arrêta pas lors de son retrait des parquets. En effet, il prolongera sa carrière basketballistique dans le management. Il intégra d’abord les Dallas Mavericks, où il fut chargé du développement de Dirk Nowitzki. Par la suite, il fut Manager General des Denver Nuggets, avec comme faits d’armes la draft de Carmelo Anthony, les venues de Kenyon Martin et Marcus Camby, et l’embauche de George Karl (toujours en place). Sacrées carrières chez les Vandeweghe.
Ils sont parents, mais n’ont pas même le nom. Jimmy Walker est en effet le père de Jalen Rose. Causons du premier. Le père de Jalen joua en NBA dans les années 70. Il fut sélectionné 2 fois au All-Star Game. Pendant ses 9 années de carrière, il tourna à 16,7 points et 3,5 passes par match. Un poste 3 solide en somme.
On pourrait dire la même chose de son fils, Jalen. Le fils a posté des stats plutôt similaires à celles de son père, soit 14,3 points, 3,8 passes et 3,5 rebonds par match. Entre 1999 et 2003, il posta même 20 points, 4 passes et 4 rebonds par match. Ses stats lui vaudront le titre de MIP, meilleure progression de l’année (ne manquez pas notre preview !). Comme quoi, même sans avoir le même nom, on peut poster les mêmes stats.
Le père est trop bon, alors il accouche de 3 fils plutôt bons.
Quand je vous donne le nom de Barry, vous pensez à Rick, Brent, Jon ou Drew ? Pas évident hein ? Et pourtant, Rick Barry a réussi à placer 3 rejetons en NBA. Zoom sur une famille de fous furieux.
Prenons le père, Rick. Ses stats d’abord : 23 points, 6 rebonds et 5 passes en 10 ans de carrière NBA. Il y a pire, vraiment. Mais avant la NBA, il y eu l’ABA, où il tourna à 30 points, 7 rebonds et 4 passes par match. Pas trop mal. Pour aller plus loin, Rick Barry, c’est 8 participation au All-Star Game, 5 sélections dans la All-NBA First Team, un titre NBA et un titre de MVP des Finals. Rien que ça. Sacré papa. Ah, aussi, il possède le 3ème meilleur pourcentage de réussite aux lancers-francs avec 90%. Sympa.
Poursuivons par les fils, et par le « moins » performants des 3, Drew. Il a eu la plus courte carrière des 3 fils, avec seulement 3 saisons, pour de petites stats, soit 2,2 points à 38% à trois points.
Second dans la hiérarchie ses fils, Jon. Avec une longue carrière de 14 saisons, Jon Barry tourna à 5,7 points, 2,2 passes et 39% à 3 points en carrière. De l’adresse, encore.
Enfin, le troisième, et non des moindres, Brent Barry. Il a écumé 6 équipes en 14 saisons, dont les Spurs de San Antonio avec qui il remporte 2 titres NBA, en 2005 et 2007. Il est aussi le seul joueur blanc à avoir gagné le Slam Dunk Contest en 1996. En carrière, il tourna à 9 points, 3 rebonds et 3 passes de moyenne, et fut réputé pour être un excellent shooter. Comme son père.
Alors oui, seul Rick fut un excellent joueur, mais le fait que 4 membres de la même famille aient joué en NBA, pour 41 saisons combinées, est remarquable. En poussant même le vice plus loin, Bruce Hale, le beau-père de Rick Barry, a joué 3 saisons en BAA et 2 en NBA. Incroyable.
Un père pas top, un fils prodige
Dernier duo, et non des moindres, le duo Bryant. Plus besoin de présenter Kobe Bryant. Pour résumer rapidement, Kobe, c’est 25,3 points, 4,7 passes et 5,3 rebonds de moyenne en carrière, 14 All-NBA Teams, 12 All-Defensive Team, 14 All-Star Game, 5 titres NBA, 1 titre de MVP, 2 titres de MVP des Finals. Tout cela propulse Bryant comme l’un des deux meilleurs postes 2 de l’histoire.
Passons à Joe Bryant. Plus connu pour son surnom (et son fils) « Jelly Bean », Joe posta 8,7 points et 4 rebonds de moyenne durant ses 8 ans de carrière NBA, il performa surtout en Europe. Il joua surtout en Italie, pendant 7 saisons, où il planta 2 fois 53 points.
Avec toutes ces belles histoires, peut-être aura-t-on droit à un mini LeBron James, ou à Darko Milicic junior exceptionnel ?




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